Reconciliation: pourquoi pas ?

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La réconciliation est une démarche libératrice. Cependant, elle reste difficile. On parle de réconciliation lorsqu’il y a fracture. Cette fracture commence à l’intérieur de nous-mêmes.

La démarche de réconciliation demande beaucoup de courage, de tact et d’abnégation. Une blessure, même quand elle est cicatrisée laisse une marque souvent indélébile. Malheureusement, la marque paraît ordinairement plus douloureuse que la blessure ouverte. Encore que, la libération reste nécessaire pour une harmonie avec soi, avec les protagonistes et la société. Pour ce faire, il convient de se réconcilier d’abord avec soi-même.

Réconciliation avec soi-même

Généralement, pour qu’il y ait rupture, il faut deux parties. Pourtant, la rupture commence toujours quelque part : dans le cœur du protagoniste. C’est pour cette raison qu’il convient de se réconcilier d’abord avec soi-même. Comment s’y prendre ?  Il s’agit d’accueillir, de relire et de faire le premier pas.

Se réconcilier, c’est accueillir 

Se réconcilier c’est d’abord accueillir intérieurement l’idée de rétablir un lien avec la partie concernée. Cette étape est très difficile parfois, surtout si l’on se sait dans la raison. Mais c’est une étape très importante et non négligeable. Accueillir l’idée de revoir l’autre, de l’écouter, d’échanger sur le sujet de séparation c’est déjà se libérer le cœur, se libérer soi-même et rendre la liberté à l’autre. C’est aussi lâcher la lourde charge que l’on a contre l’autre et, qui finalement, nous emprisonne et nous empêche d’évoluer et de vivre normalement. Cet accueil est non seulement libérateur, mais aussi favorable. Il introduit à la relecture de la situation.

Se réconcilier c’est relire

Se réconcilier après une rupture, c’est d’abord prendre le temps de relire ce qui a provoqué la rupture. Cette démarche de relecture sollicite la mémoire. Cela consiste à revisiter la situation dans les faits, les gestes et les paroles. Cette relecture n’a pas pour but d’enfoncer « le couteau dans la plaie ». Elle doit être objective. Elle a pour objet d’aider la personne à arriver à la réconciliation afin de retrouver sa paix et son harmonie. Pour y  arriver, il convient de faire le premier pas.

Se réconcilier, c’est faire le premier pas

Cette démarche reste laborieuse car elle sollicite un investissement intérieur personnel. Faire un pas en premier est un signe de grandeur et non de faiblesse comme cela est perçu dans l’imagerie populaire. C’est même une grande liberté que d’aller vers la partie concernée. Se rabaisser fait grandir. C’est la loi du paradoxe. Quelque soit l’accueil de l’autre, faire le premier pas contribue davantage à la libération intérieure et au bien-être physique, psychique, morale et spirituel. Lorsque l’on a fait ce qui est dans son pouvoir, la vie devient autrement.

Pour conclure, La réconciliation consiste à rétablir une liaison après une cassure. Ce lien nécessaire ne consiste pas nécessairement à faire en sorte que la relation redevienne comme avant. Le but du lien est de créer une nouvelle harmonie pour aider les protagonistes à croître dans leur liberté humaine et spirituelle. Cette croissance est la raison d’être de la réconciliation. Le dernier article sur la liberté a montré combien le fait d’être libre contribue à l’équilibre global de notre être. L’absence de réconciliation peut être un frein à cette liberté. C’est pourquoi il est nécessaire, pour avoir la paix de se réconcilier. 

One comment

  • Se réconcilier avec soi-même, accueillir, relire, faire le premier pas: voilà une belle démarche pour la réconciliation.
    La réconciliation avec soi-même et avec l’autre semblent tous suivre un même processus. Or, la réconciliation avec soi-même est proposée ici comme première étape de la démarche de réconciliation avec l’autre. Ne serait-il donc pas indiqué de veiller à ce qu’un travail soit effectué plus en amont?

    De même que « qui veut aller loin ménage sa monture », qu’on prépare un athlète à affronter une épreuve olympique, qu’on prépare un sol à recevoir la graine, l’humanité qui est en nous demande à être nourrie pour qu’elle grandisse et devienne la bonne terre où tombe la bonne graine (la réconciliation dans le cas d’espèce). A cause de l’impréparation, il devient difficile voire impossible, de se réconcilier avec soi-même, accueillir, relire et faire le premier pas. D’où « les ennemis jurés », terme entré dans le vocabulaire, même des personnes les plus insoupçonnées.

    Chapeau à cette prescription dont l’efficacité restera malheureusement tributaire du travail des « préparateurs » du sol.

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