Osez pardonner… pour être heureux ! 3ème et dernière partie

pardon

Lauren Giordano/The Atlantic

 

Voici la troisième et dernière partie de cet article consacré au pardon. Comme promis, nous découvrirons ici d’autres effets surprenants du pardon ainsi que la difficulté à se pardonner soi. 

Chose surprenante peut-être, le pardon peut également influer sur des choses qui n’ont rien à voir avec la santé physique ou mentale.

Effets sur la vision des choses et le poids subjectif 

Dans le journal Social Psychological and Personality Scienceun article récemment publié relate une étude réalisée avec 46 participants divisés en deux groupes: Les participants du premier groupe avait été invités à mettre sur papier un événement où ils avaient pardonné quelqu’un après avoir subi un tort. Les participants de l’autre groupe devaient faire la même chose mais en évoquant une expérience dans laquelle ils n’avaient pas pardonné. Ensuite, tous les sujets ont été amenés à l’extérieur pour regarder une grande colline. Le groupe « sans pardon » estimait que la colline observée était environ 5 degrés plus raide que le groupe qui avait pardonné. Suite à cela, tous les participants ont été invités à sauter sur place. Le groupe des « pardonneurs » a réussi à sauter en moyenne sept centimètres de plus que les « rancuniers ».

Ces expériences ont montré comment une rancune peut littéralement peser sur une personne, selon Ryan Fehr, un assistant professeur de gestion à l’Université de Washington et auteur de l’étude.

« Si vous portez en vous un lourd fardeau, cela vous fait sentir plus lourd, » dit-il. « La métaphore devient réalité. »

Pas une panacée

Malgré tout cela, le pardon n’est pas nécessairement une panacée et pardonner n’est pas toujours la meilleure chose à faire, explique Mr. Fehr. « Si vous avez à faire à quelqu’un qui est un éternel impénitent et qui vous offense constamment, le pardon n’est pas le tout. »

Il y a certaines évidences démontrant, par exemple, que pardonner les fautes d’un partenaire, dans le cadre d’un couple, peut faire baisser l’estime de soi de la personne lésée si l’autre ne regrette pas ses erreurs et si le caractère des fautes est grave. (Pardonner ne doit pas nourrir ce qui peut s’appeler « l’effet paillasson ».) Le pardon n’est pas non plus toujours choisi par noblesse de cœur et courage. Lorsque les psychologues Sarah Stanton et Eli Finkel ont épuisé un groupe de participants en leur faisant passer un test difficile, ils ont constaté qu’ils étaient moins indulgents envers une faute grave hypothétique (ex: être trompés par leur partenaire), mais plus indulgents envers des fautes mineures (ex: leur partenaire n’a pas appelé comme promis.) Parfois, les gens sont tout simplement «trop fatigués pour s’offusquer du mauvais comportement de leur partenaire», concluent-ils. Il est d’ailleurs difficile d’établir si une relation dans laquelle les « tant pis » sont fréquents est vraiment saine.

Se pardonner soi

Pour Worthington cependant, il vaut toujours la peine de pardonner, même lorsque l’objet de ce pardon est une personne difficile à acquitter émotionnellement. Et parfois, cette personne c’est nous-même.

Mike, le frère de Mr. Worthington qui avait découvert le corps, n’a jamais été tout à fait le même après la mort de sa mère. Il a souffert de stress post-traumatique extrême. Après avoir demandé de l’aide à son frère pour ses flashbacks et autres symptômes, Mike ne semblait jamais vouloir aller jusqu’au bout. « J’ai essayé de l’aider, mais nous avions trop de conflits irrésolus datant de notre adolescence dans notre relation », a avoué le professeur Worthington.

En 2005, Mike a mis fin à ses jours. Worthington fut alors confronté, comme il le décrit, à la tâche herculéenne de surmonter sa propre culpabilité. «Je m’en suis même pris à Dieu en lui demandant comment cela avait pu arriver. »

Après avoir travaillé sur sa relation à Dieu, Worthington a essayé de faire ce qu’il appelle «des réparations sociales.» Dans une note de suicide, Mike avait mentionné des problèmes financiers. Worthington a donc décidé d’aider la veuve de Mike à régler ces problèmes. Il lui a fallu trois longues années mais il a finalement réussi à se pardonner.

« Je ne peux pas ramener mon frère à la vie, mais il y a d’autres choses que je peux faire » explique t-il. « J’essaye d’aider d’autres personnes à éviter les problèmes que j’ai traversés. J’ai le sentiment aujourd’hui que cela est derrière moi, autant que mettre derrière soi une telle chose soit possible ». 

 

One comment

  • Si l’on prescrivait une méthode, une démarche pour arriver à pardonner, on aurait aidé plus d’un. Généralement les situations ne se ressemblent pas. Quelles qu’elles soient, le pardon est la seule porte de sortie. Ou la seule voie pour être heureux. C’est pour cela qu’on risque de fatiguer ceux qui ont hâte de savourer le bonheur d’être heureux. Allons droit au but! Faisons des heureux!

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