Le travail c’est la santé: vraiment?

« Le travail c’est la santé » est le titre d’une chanson d’Henri Salvador en 1965 dans laquelle  il faisait moins l’éloge du travail que du farniente. Pourtant l’idée ou la croyance qui veut que nous trouvions notre bonheur au boulot fait de vieux os. De générations en générations, on nous apprend à devenir « utiles », « productifs », « efficaces » mais nous apprend-on à être heureux, satisfaits et sereins. 

Arbeit macht frei 

Dans les années 1930, le slogan Arbeit macht frei (en français: le travail rend libre) est adopté par les nazis et placé à l’entrée des camps de concentration. Loin de trouver le chemin de la liberté dans le travail, la plupart des captifs trouvèrent la mort dans ces camps.

Just Over Broke

JOB = Just Over Broke (en français: presque fauché) est une phrase qui vous décrit si malgré le fait d’avoir un emploi, votre rémunération vous permet à peine de couvrir vos dépenses mensuelles jusqu’à la prochaine paie. C’est la réalité pour un grand nombre de salariés qui ont du mal à boucler leur budget en fin de mois. Selon la dernière ING International Survey (IIS), il en ressort que 4 Belges sur 10 ont des difficultés à boucler leurs fins de mois et 8 sur 10 affirment vivre de manière parcimonieuse. Cette situation n’est pas due au fait que les belges soient trop dépensiers mais que leurs revenus soient trop bas.

Vie professionnelle et vie privée

En Belgique, des voix se lèvent pour demander que la combinaison travail professionnel et travail privé (éducation, tâches ménagères, soins aux proches, bénévolat…) soit repensée. C’est le cas de Maartje De Vries et Benjamin Pestieau dans le chapitre consacré à la semaine de 30 heures de l’ouvrage collectif « La Taxe des millionnaires et sept autre idées brillantes pour changer la société ».

Alors que les nazis fourvoyaient la notion de travail pour en faire un instrument de torture et de mort, les deux militants du PTB nous rappellent qu’en 1930, le célèbre économiste John Maynard Keynes, prédisait que le progrès nous permettrait de ne plus travailler que trois heures par jour d’ici 2030.

Keynes écrivait: « Nous avons été entraînés trop longtemps à fournir des efforts, nous n’avons pas appris à jouir de la vie. Honneur à celui qui peut nous apprendre à cueillir le jour, honneur à ces merveilleuses personnes qui sont en mesure de trouver leur plaisir direct dans les choses et honneur aux lys dans les champs, qui ne travaillent ni ne filent. »

En 2015, nos sociétés pourtant hyperproductives et hypertechnologiques sont encore très loin de mettre au centre de leurs préoccupations le bien-être des individus. Elles prônent plutôt que tous travaillent plus longtemps et plus dur… C’est pourquoi sur le site Life Coaching Pour Tous, je fais appel à l’émergence d’une société où chacun est coaché, c-à-d accompagné à développer tout son potentiel et à trouver du sens dans sa vie au-delà de du faire et de l’avoir. Cela afin de jouir de ce don précieux qu’est la vie. 

Ora et labora 

Ora et labora (en français: prie et travaille). Ce slogan exprime la vocation monastique bénédictine qui articule la notion du travail à celle de la prière. Loin de l’idée que les moines ne font rien d’autres que de s’occuper de leurs bondieuseries, la tradition monastique encourage les moines à vivre du travail de leur main. Je fais allusion aux moines car j’estime que le radicalisme de leur vocation peut donner un bon indice à toutes celles et ceux qui sont conscients que le travail est un moyen et non pas une fin en soi. Comme ces « aventuriers de Dieu » que sont les moines, nous pouvons aussi choisir d’intégrer une dimension spirituelle à notre vie si nous sommes en quête d’harmonie et de sens. En tout cas, c’est mon choix et c’est la particularité de mon approche du coaching. Ce choix découle de la ferme conviction que l’homme a besoin de nourrir sa dimension spirituelle pour vivre pleinement.

Le choix de carrière 

Alors même si notre vocation n’est pas la vie monastique, nous pouvons nous aussi, dans des vies bien profanes, chercher le Royaume au fond de nous-mêmes afin de construire notre vie sur l’essentiel et trouver le juste équilibre entre nos différentes dimensions de vie.

Une manière concrète de tendre vers cet équilibre est de choisir un emploi qui nous permet d’être en accord avec nos valeurs et qui ne nous oblige pas à sacrifier nos relations ou notre santé sur l’autel de la productivité, de l’efficacité ou du succès.

En faisant le bon choix de carrière, nous gagnerons en estime de nous-même, en confiance, en qualité de vie et en bonheur. 

 

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