Gestion du changement: 5 étapes pour sortir du tunnel

sortir du tunnel

Kubler-Ross décrit cinq étapes du deuil dans son livre de 1969 On Death and Dying (traduit en français sous le titre : Les derniers instants de la vie). Ces étapes sont tout aussi pertinentes pour décrire la gamme de sentiments que nous expérimentons en termes de gestion du changement à un niveau individuel ou en collectivité comme sur notre lieu de travail.

C’est pourquoi le modèle à « cinq étapes » a été très utile depuis presque 50 ans pour comprendre les réactions des gens face au changement ou devant une perte quelconque. Tout changement implique en effet une perte à un certain niveau. 

Les cinq étapes du deuil

  • Déni
  • Colère
  • Marchandage
  • Dépression
  • Acceptation

Lorsque Kubler-Ross a écrit à propos de ces étapes, elle était très soucieuse d’expliquer que ce sont des réactions normales à des nouvelles tragiques. En fait, elle les a même appelées mécanismes de défense ou mécanismes d’adaptation. Et c’est exactement ce qu’elles sont lorsque nous appliquons ce modèle pour faire face au changement.

Nous ne passons pas à travers ces différentes étapes de manière régulière, linéaire, étape par étape. Ce serait trop facile! En réalité, nous expérimentons différentes étapes à différents moments et pouvons même revenir en arrière vers un état déjà expérimenté. 

Idéalement, nous pourrions penser qu’il serait bon d’atteindre un lieu d’acceptation au terme des changements auxquels nous sommes confrontés. Il est possible cependant que certaines personnes restent coincées dans l’un des stades et trouvent qu’il est difficile voir impossible de passer au suivant.

Regardons comment les personnes réagissent dans chacune de ces cinq étapes.

Choc ou Déni

« Je ne peux pas y croire. », « Ce n’est pas possible! », « Pas à moi! », « Pas à nouveau! »

Le déni est souvent un moyen de défense temporaire qui nous donne le temps d’absorber des nouvelles de changement avant de pouvoir passer à autre chose. C’est l’étape initiale d’incrédulité et de choc. Nous ne voulons pas croire que le changement se produit. Si nous pouvons prétendre que le changement ne se produit pas, si nous le gardons à distance, alors peut-être tout cela va passer. Un peu comme fait l’autruche en mettant sa tête dans le sable.

Colère

«Pourquoi moi? C’est pas juste! » « Non, je ne peux pas accepter cela! »

Lorsque nous nous rendons compte que le changement est réel et que nous allons être affectés, notre déni tourne habituellement en colère. Là nous nous mettons en colère et cherchons à blâmer quelqu’un ou quelque chose pour ce qui nous arrive. 

Cette colère peut être dirigée dans de nombreuses directions. J’ai vu des gens se mettre en colère avec le patron, eux-mêmes, ou même Dieu. En ces temps économiques difficiles, le politique est souvent blâmé. C’est le gouvernement qui ne gère ou ne planifie pas correctement. Vous vous trouverez peut-être aussi plus irritable envers les collègues ou la famille. Vous remarquerez d’autres trouvant une faute à la moindre chose.

Marchandage

« Laisse-moi vivre suffisamment pour voir mes enfants se diplômer. »; «C’est promis, Je vais prendre soin de moi dorénavant, vous ne pouvez pas me donner quelques années de plus? »

Voilà quelques réactions naturelles de ceux qui sont sur le point de mourir. C’est une tentative de reporter ce qui est inévitable. Nous voyons souvent le même type de comportement chez les personnes confrontées à des changements.

Nous commençons à négocier afin d’écarter le changement ou de trouver un moyen de sortir de la situation. La plupart des réflexions qui sont faites ressemblent à des accords secrets avec Dieu, les autres, ou la vie. Nous disons «Si je promets de faire ceci, alors faites en sorte que cela ne se produise pas pour moi. » Dans une situation de travail quelqu’un pourrait travailler plus dur et faire beaucoup d’heures supplémentaires pour se montrer indispensable.  

Dépression

«Je suis si triste, pourquoi me préoccuper de quoi que ce soit? »; « Quel est l’intérêt d’essayer? »

Lorsque nous nous rendons compte que le marchandage ne fonctionnera pas, la réalité du changement commence à s’installer. A ce stade, nous prenons conscience des pertes associées au changement et ce que nous devons laisser derrière nous. Cela a le potentiel de déplacer les gens vers un état de tristesse, de faible énergie et de dépression. 

Le stade de la dépression est souvent perceptible dans d’autres façons dans le milieu de travail.

Les personnes aux prises avec le changement au travail peuvent se sentir démotivées et incertaines quant à leur avenir. Des employés pourraient se demander pourquoi ils devraient continuer à donner leur maximum au travail s’ils ne savent pas si leur emploi est garanti. Avec une telle attitude, il est très probable que leur employeur ne fera pas non plus son possible pour garder ces travailleurs…  

Mon expérience montre qu’à ce stade il y a une augmentation de l’absentéisme et que les employés utilisent leurs congés de maladie ou prennent des jours pour traiter leur «santé mentale».

Acceptation

« Ça va aller. »; « Je ne peux rien faire contre ça, donc je peux aussi bien m’y préparer. »

Quand les gens se rendent compte que leur lutte contre le changement ne va rien changer, ils se déplacent dans une phase d’acceptation.

Ce n’est pas l’entrée dans un espace joyeux, mais plutôt la prise d’une attitude résignée vers le changement et un sentiment qu’ils doivent passer à autre chose. Généralement, c’est à ce moment aussi que les personnes commencent à examiner leurs options. C’est un peu comme un train se dirigeant dans un tunnel. « Je ne sais pas ce qu’il y a dedans, mais je dois continuer sur cette voie ; j’ai peur mais je n’ai pas le choix ; j’espère seulement qu’il y aura de la lumière au bout du tunnel… »

Cela peut être un espace créatif car cela oblige les gens à explorer et à rechercher de nouvelles possibilités. Les gens disent qu’ils apprennent beaucoup sur eux-mêmes à ce moment là. Il est toujours bon aussi de reconnaître la bravoure qu’il y a à accepter sa situation.

Conclusion

Rappelez-vous, Kubler-Ross a dit que nous jonglons avec ces différentes étapes. Un jour, vous pouvez croire avoir accepté une situation donnée et le lendemain matin replonger dans la colère en prenant votre café au travail. C’est normal!

Même si la notion d’ « espoir » n’est pas incluse dans son modèle, Kubler-Ross ajoute que l’espoir est une constante importante qui traverse toutes ces étapes. Cet espoir est la croyance qu’il y aura une fin positive au changement et qu’il y a un sens à être tiré de l’expérience.

Enfin, au delà de la question du sens, la plupart des gens sont soulagés de pouvoir identifier l’étape dans laquelle ils se trouvent et de savoir que leurs réactions et sentiments sont normaux, et ne sont pas forcément des signes de faiblesse.

2 comments

  • Bien vu ces 5 étapes. A lire l’article, ils semblent facile à traverser mais seulement, on peut y passer toute une vie à la première ou à n’importe quel étape. Tout dépend de chacun. Comment faire pour passer les 5 étapes ? Passer du déni à l’acceptation n’est pas à la portée de tous !

    • Il peut en effet sembler difficile voire impossible de passer d’une étape à l’autre dans ce processus vers l’acceptation et la guérison. Ce qui peut nous aider c’est déjà de reconnaître le pourquoi de nos émotions mais surtout garder ESPOIR quant à l’issue favorable de la situation.

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