Démotivés et insatisfaits ?

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Démotivés et insatisfaits? Le baromètre Solidaris sur les 18-30 ans tirait fin janvier la sonnette d’alarme. Les jeunes francophones en Belgique connaissent un mal-être sans précédents. Comment comprendre cet état d’âme morose caractérisant un grand pourcentage de cette classe d’âge ? Cette semaine, dans cet article traitant de la motivation (ou de son manque), je vous propose de regarder comment les besoins fondamentaux influent sur notre niveau de motivation et notre bien-être global. 

Les 18-30 ans: constats

  • 1/4 se sent seul
  • 1/3 reconnait être dans un état quasi permanent d’angoisse, d’anxiété et de dépression. 
  • 1/3 avoue avoir déjà pensé au suicide.

Face de tels constats, on ne peut que s’inquiéter et s’interroger sur les causes d’une telle crise existentielle chez les jeunes. 

Les 5 besoins fondamentaux

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Pour Abraham Harold Maslow, un célèbre psychologue américain, la motivation s’explique en termes de satisfaction de besoins hiérarchisés en 5 niveaux :

  1. Les besoins physiologiques ;
  2. Les besoins de sécurité ;
  3. Les besoins d’appartenance ;
  4. Les besoins d’estime de soi ;
  5. Enfin, les besoins d’accomplissement de soi.

Bien que cette représentation des besoins semble rigide, Maslow insistait sur le fait que plusieurs besoins puissent être présents en même temps. Une personne peut ne pas avoir satisfait pleinement un besoin primaire (ex: sécurité) et rechercher simultanément à satisfaire un besoin plus élevé (ex: estime de soi). Par ailleurs, la théorie de Maslow n’explique pas pourquoi certaines personnes restent démotivées alors que tous leurs besoins sont satisfaits. 

Insatisfaits mais motivés ? 

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Pour Frederick Irving Herzberg, c’est plutôt la non-satisfaction d’un besoin qui est source de motivation.

Selon Herzberg, c’est le besoin d’estime et celui d’accomplissement qui peuvent réellement satisfaire à long-terme. 

Quand les 3 premiers types de besoins (physiologiques, sécurité et appartenance) sont des facteurs d’hygiène de vie, les 2 derniers types (estime et accomplissement de soi) sont des facteurs de motivation. 

Les 5 besoins SACRÉs

Pour Michaël Aguilar, les 5 types de besoins définis par Maslow peuvent être actualisés et retenus en leur donnant l’ordre mnémotechnique suivant : les cinq besoins SACRÉs.

  • S = Sécurité : Reprend le niveau 1 et le niveau 2 de la pyramide de Maslow
  • A = Appartenance : Reprend le niveau 3
  • C = Confort : Reprend la partie « conditions de vie » du niveau 1
  • R = Reconnaissance : Reprend le niveau 4
  • É = Épanouissement : Reprend le niveau 5

Satisfaits et motivés 

Pour être motivés et satisfaits, il s’agit de trouver les moyens de satisfaire nos besoins ; mais pas n’importe lesquels ! Pour se remotiver et/ou rester motivés, il faut notamment satisfaire les besoins élevés comme les besoins d’estime et les besoins d’accomplissement (facteurs de satisfaction).

Si le besoin d’estime personnelle peut être compris comme le besoin d’avoir de la valeur à ses propres yeux et à ceux des autres en réalisant des projets par exemple ou en atteignant des objectifs, le besoin d’accomplissement ou d’épanouissement a une dimension plus existentielle. Ici on cherche à donner un sens à sa vie, à développer son potentiel et à devenir le meilleur de nous-même. 

Impasse existentielle

En revenant au baromètre Solidaris sur les 18-30 ans évoqué plus haut, il est intéressant de constater que le principe de sens est redondant pour expliquer le désarroi actuel dans la classe d’âge concernée. L’expert consulté pour les analyses, Jean Cornil, affirme que « les jeunes sont à la recherche de nouveaux principes de sens et de voies d’espérance dans des sociétés en complexité croissante. » A l’heure où de nombreux jeunes choisissent de nourrir la logique suicidaire les amenant à s’engager dans les rangs des extrémistes, M. Cornil avertit aussi pertinemment que « les addictions, la délinquance, le repli sur soi et l’exclusion de l’autre sont autant de réponses à l’impasse existentielle. » D’ailleurs, selon Olivier Roy, l’impasse existentielle semble d’ailleurs être un des communs dénominateurs de tous les candidats au Djihad… 

Réponse spirituelle

Et si la réponse à cette impasse existentielle était de l’ordre du spirituel? 

Après s’être interrogé sur l’accomplissement de soi, Maslow s’intéressa dans les années 1960 aux expériences mystiques. Parti de l’analyse des états psychologiques, son étude évolua vers les facteurs motivationnels et enfin le sentiment de plénitude expérimenté dans des expériences qu’il appela « paroxystiques ».

Aujourd’hui la quête de la quiétude et du bonheur semblent être les obsessions du jour dans une « tyrannie du confort » (pour reprendre les propos de Jacqueline Kelen). Dans un tel contexte, l’impasse existentielle expérimentée par de notre jeunesse, non seulement démotivée et insatisfaite mais aussi blessée et désenchantée, pourrait être un symptôme d’une société qui « voudrait faire l’impasse sur la vocation spirituelle de l’humain ». (ibid.)

 

 

 

 

 

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